Conférence de presse de Jean Yves Le Drian en marge de la réunion des ministes de la Défense de l’OTAN

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Merci mesdames et messieurs de rester si tard, je ne vais pas prolonger beaucoup cette soirée.

Je me suis entretenu avec le président Barroso, ainsi qu’avec le secrétaire d’Etat Panetta, que je quitte à l’instant. J’ai également rencontré le ministre britannique, le ministre allemand, le ministre polonais et le ministre canadien.

J’ai aussi participé à la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN et tout cela a été extrêmement dense et utile. De nombreux sujets ont été évoqués.

Je vais donc désormais répondre à vos questions, mais pas très longtemps puisque la réunion reprend dans très peu de temps au centre de Bruxelles.

Question :

Est-ce que vous avez discuté avec monsieur Panetta du Mali ?
Et est-ce qu’il vous a proposé une aide plus substantielle ? Ou est ce que vous lui avez demandé une aide plus substantielle ?

Réponse :

Nous avons fait le point de la situation au Mali avec Leon Panetta assez longuement.
Je lui ai dit que la France avait beaucoup apprécié l’aide des Etats-Unis, à la fois dans le domaine du transport, du ravitaillement et du renseignement. La collaboration est très étroite et se poursuivra sur ces bases.

Question :

Monsieur le Ministre, une question sur le sort de nos otages.
De source nigériane, on affirmait cet après-midi que les ravisseurs étaient encerclés. Est ce que vous confirmez cette information et dans quelles circonstances ? Et puis sur le Mali, si vous permettez qu’on prolonge sur le Mali, là aussi il y a eu des combats important à Gao, qu’est ce que vous pouvez nous dire sur ce point précis ?

Réponse :

Sur les otages la seule chose que je vous dirai c’est que nous sommes en relation étroite avec les autorités du Nigéria et du Cameroun pour tout faire afin que ces otages soient libérés le plus vite possible, le président de la République s’est d’ailleurs exprimé à ce sujet. Je n’en dirai pas plus, vous comprendrez pourquoi.

Sur la situation au Mali, il y a eu effectivement aujourd’hui à Gao une offensive des groupes djihadistes qui ont occupé la Mairie de Gao et la résidence du gouverneur. Mais les forces maliennes appuyées par les forces françaises ont réagi, cinq djihadistes ont été tués et la situation est redevenue normale c’est à dire que l’Hôtel de ville est redevenu l’Hôtel de ville et la résidence du gouverneur, la résidence du gouverneur.
Et ça montre ce que j’ai déjà eu l’occasion de dire pas plus tard qu’hier, nous sommes maintenant dans un combat asymétrique et il y a une vraie guerre au Mali. Et cette vraie guerre a lieu au Nord mais aussi autour des villes que nous avons libérées. Il importe donc de poursuivre ce que nous faisons, de poursuivre notre mission de sécurisation de l’ensemble du territoire.

Question :

Les français étaient-ils en première ligne ou en appui uniquement des forces maliennes ?

Réponse :

En appui des forces maliennes.

Question :

J’ai une question sur le Mali.
Les groupes terroristes agissent comme prévu et il se pourrait qu’ils soient déjà partis, ou que quelques uns tout du moins soient déjà partis, vers les pays de la région : la Libye pour le moment mais aussi la Mauritanie, certains au Sénégal.

Ma question est : est-ce-que dans vos rapports avec les pays de la région, est ce que l’armée française peut agir jusque dans les territoires libyen ou mauritanien ?

Et si vous permettez, dans cette zone nord du Mali, considérant la géographie, ces groupes vont quand même pouvoir rester, l’expérience de l’Afghanistan le démontrait, est-ce-que vous allez rendre cette zone aux armées africaines ou est ce que l’armée française va s’en charger et combien de temps ?

Réponse :

Sur le territoire malien, les forces françaises iront jusqu’au terme de leur mission. C’est à dire faire en sorte que le Mali retrouve son intégrité territoriale. Nous avons commencé à pénétrer dans l’Adras des Ifoghas et nous irons jusqu’au bout.

Sur l’intervention de la France en dehors du Mali, ce n’est pas à l’ordre du jour.
Nous avons été saisis par le Président Traoré au titre de l’article 51 de la charte des Nations Unies par un appel au secours. Nous remplissons notre mission sur le territoire malien.

Question :

Est ce que vous allez confier la mission de lutter contre ces troupes armées qui se trouvent dans le nord, et qui pourraient rester longtemps, aux armées africaines car si je vous ai bien compris, c’est vers la fin du mois de mars que vous comptez entamer le retrait du Mali.

Réponse :

Je le redis très clairement, la mission des forces françaises est de faire en sorte que le Mali retrouve son intégrité territoriale et sa souveraineté politique.

Nous sommes entrés dans la partie la plus difficile, on le savait, où il y a des djihadistes terroristes qui sont présents, puisque il y a des combats. Ils ne sont donc pas tous partis au sud Libye. Donc là les combats se poursuivent, et nous mènerons jusqu’à son terme la mission qui nous a été confiée à la suite de la demande du Président Traoré.

Concernant le retrait, nous n’avons pas vocation à rester éternellement au Mali mais nous avons vocation à remplir d’abord la mission qui nous a été confiée. Et ensuite le relais se fait par les forces africaines.

Question :

Monsieur le ministre, excusez-moi tout à l’heure apparemment le son n’a pas fonctionné au moment où on vous a posé la question sur les otages.

Que pouvez-vous nous dire à ce stade sur la situation des otages français et est-ce qu’il y a eu aujourd’hui un cafouillage au niveau ministériel ?

Réponse :

Je redis ce que j’ai dit tout à l’heure – nous sommes en relation étroite avec les autorités du Cameroun et les autorités du Nigéria pour mettre tous les moyens en œuvre afin que ces otages retrouvent leur liberté.

Question :

Et sur le cafouillage ?

Réponse :

J’étais à Bruxelles.

Question :

Est-ce-que monsieur Panetta vous a parlé du nombre de soldats que les Etats-Unis ont l’intention de laisser en Afghanistan après 2014 ?

Réponse :

Nous n’avons pas abordé avec Mr. Panetta la question de l’Afghanistan dans l’entretien que nous avons eu. Il est possible que cette question vienne à l’ordre du jour ce soir.

Question :

Juste peut être une question pour savoir ce qu’il s’est passé aujourd’hui ici à Bruxelles.
Est-ce-que vous pourriez résumer en quelques phrases les principales questions, par exemple sur le financement commun et la question d’une plus grande amplitude dans la fréquence et dans l’envergure des exercices futurs que l’OTAN compte organiser en Europe et en Amérique du Nord ?

Réponse :

Nous avons beaucoup insisté, en ce qui concerne la France- je n’ai pas vocation à faire le compte-rendu pour l’OTAN -, sur la nécessité de renforcer l’interopérabilité de nos forces et nous estimons que les financements en commun doivent d’abord être ciblés sur le renforcement de l’interopérabilité, la connexion de nos forces, et je crois que ce point de vue a été largement repris.

Merci.

Dernière modification : 01/03/2013

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