Deux soldats français des forces spéciales tués dans l’est de l’Afghanistan

Deux soldats français des forces spéciales ont été tués et deux blessés dans une embuscade tendue par des talibans vendredi dans l’est de l’Afghanistan, où la coalition concentre depuis quelques semaines ses efforts de lutte contre la rébellion et le réseau Al-Qaïda. Les détails sur l’affrontement sont minces, le ministère de la Défense en France entourant du plus grand secret les opérations de ses forces spéciales en Afghanistan ou ailleurs. Toutefois, l’on sait que la patrouille de soldats français a été victime d’un attentat à la bombe, avant d’être prise sous le feu d’un groupe "d’extrémistes", selon la coalition militaire, menée par les Etats-Unis. L’attaque s’est produite dans la province orientale de Laghman à environ 38 kilomètres au sud-est de la capitale provinciale, Mihtarlam. Les "extrémistes" dans le vocabulaire de la coalition, à laquelle les forces spéciales françaises en Afghanistan sont intégrées, recouvrent toutes les forces anti-gouvernementales. Le ministère de la défense française parle pour sa part de talibans. L’embuscade tendue par les rebelles à la patrouille de combat française suit un schéma classique. Une bombe artisanale explose au passage d’une patrouille et les combattants ennemis entrent ensuite en action. Les "extrémistes" ont fait feu sur les Français avec des armes légères et une mitrailleuse, précise la coalition.
On ignore la taille du groupe d’attaquants, a indiqué le colonel américain Tom Collins, porte-parole de la coalition à Kaboul. Les deux Français tués sont un caporal chef de l’armée de l’air et un premier maître de la marine, a indiqué le ministère à Paris, qui n’a pas dévoilé à quelles unités ces hommes appartenaient. Deux sous-officiers de l’armée de l’air ont également été blessés au cours de l’opération, a-t-il précisé. Aucune identité n’a été donnée dans l’immédiat. Selon le communiqué de la coalition, les blessés sont dans un "état stable" et ont été amenés dans un hôpital militaire de Bagram, la principale base américaine en Afghanistan. L’hôpital militaire américain de la base est équipé du matériel dernier cri et peut donner une large palette de soins, y compris des interventions chirurgicales lourdes.

La ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a "exprimé sa vive émotion et adressé ses sincère condoléances aux familles des victimes et à leurs proches et ses voeux de prompt rétablissement aux deux militaires blessés". Le ministère de la Défense a "réaffirmé tout son soutien aux forces françaises actuellement en opérations, en particulier à celles engagées dans la lutte contre le terrorisme en Afghanistan".
Environ 200 militaires français des forces spéciales participent depuis la fin 2001 à l’opération "Liberté Immuable", lancée par les Etats-Unis après les attentats du 11 septembre pour chasser les talibans au pouvoir en Afghanistan et poursuivre le réseau Al-Qaïda, qui à l’instar de son chef Oussama ben Laden, avait trouvé un sanctuaire dans le pays. Les forces spéciales françaises sont installées depuis la fin juillet dans la région de Jalalabad, la plus grande ville de l’est de l’Afghanistan. Elles ont quitté leur poste dans la région de Spin Boldak, ville frontalière du Pakistan, dans la province méridionale de Kandahar, lorsque l’Otan a pris le commandement des opérations militaires internationales dans la région sud. La coalition concentre désormais ses efforts sur la façade est de l’Afghanistan, affirmant sa présence dans des zones d’où elle était quasi absente pour chasser les forces anti-gouvernementales mais aussi, et surtout, des éléments du réseau Al-Qaïda qui s’infiltrent du Pakistan. Les accrochages se sont multipliés depuis la fin juillet. Sept soldats français ont été tués en Afghanistan depuis le mois de septembre dernier, selon un porte-parole de l’état-major des armées. Six d’entre eux appartenaient aux forces spéciales. Le septième est un sapeur tué à Kaboul en avril dernier lors d’une opération de déminage. Il faisait partie de l’Isaf (Force internationale d’assistance à la sécurité), qui relève de l’Otan. Environ 1.200 soldats français, appartenant à cette Force, sont également stationnés à Kaboul.

Les pertes de soldats français en Afghanistan

PARIS, 25 août 2006 (AFP) - Deux militaires français appartenant aux forces spéciales ont été tués vendredi au cours d’un engagement armé avec des talibans dans l’est de l’Afghanistan.
Ces morts portent à sept - dont six des forces spéciales - le nombre de militaires français tués en opération en Afghanistan depuis septembre 2005.

La France participe avec quelque 200 soldats des forces spéciales aux opérations de la coalition occidentale sous commandement américain dans le cadre de l’opération "Enduring Freedom" (Liberté immuable).

Dans la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (Isaf) menée par l’Otan, le contingent français compte environ 800 hommes.

- 17 septembre 2005 -

Un soldat français des forces spéciales est tué lors de l’explosion d’une mine radiocommandée au passage de son véhicule dans la région de Spin Boldak au sud de l’Afghanistan.

- 4 mars 2006 -

Un officier des forces spéciales est tué dans un engagement armé avec des talibans dans le sud du pays.

- 15 mai 2006 -

Un militaire français de l’Isaf est tué par une explosion au cours d’une opération de déminage au nord de l’aéroport de Kaboul.

- 20 mai 2006 -

Deux soldats français de la coalition sont tués lors d’un affrontement avec des talibans dans la région de Kandahar dans le sud.

- 25 août 2006 -

Deux militaires appartenant aux forces spéciales sont tués au cours d’un engagement avec des talibans dans l’est de l’Afghanistan.

D’autre part, deux hommes du contingent français de l’Isaf ont été tués le 21 octobre 2004 dans un accident de la route près de Kaboul.

Dernière modification : 17/01/2008

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