Historique [en]

L’OTAN des origines à la fin de la Guerre froide

Le traité de l’Atlantique Nord, qui crée l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, est signé à Washington le 4 avril 1949 par douze pays : Belgique, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, Etats-Unis et Canada. L’article 5 du traité définit les termes de l’engagement de défense collective : « une attaque armée contre l’une ou plusieurs [des parties] survenant en Europe ou en Amérique du Nord sera considérée comme une attaque dirigée contre toutes les parties ».

L’Alliance se dote rapidement d’une structure de commandement militaire initialement basée à Rocquencourt en bordure de Paris (SHAPE, Supreme Headquarters Allied Powers Europe, Grand quartier général des puissances alliées en Europe), dont le Général Dwight D. Eisenhower est le premier Commandant Suprême Allié (SACEUR), et d’un secrétariat international civil dont le siège est initialement basé à Paris (au Palais de Chaillot jusqu’en 1959 puis à la Porte Dauphine).

First permanent NATO headquarters - Palais de Chaillot, Paris - JPEG

En 1952, la Grèce et la Turquie rejoignent l’Alliance. Les Accords de Paris, signés en 1954, permettent à la République fédérale d’Allemagne d’adhérer à l’OTAN en 1955. L’Espagne rejoint également l’Alliance en 1980 après sa transition démocratique.

En 1966, la France annonce son intention de se retirer du commandement militaire intégré de l’Alliance, ce qui conduit au déménagement du siège de l’OTAN en Belgique, à Evere et à Mons, où il se trouve encore aujourd’hui. La France a réintégré la structure militaire de l’OTAN en 2009 (voir La France et l’OTAN).

La fin de la guerre froide et l’évolution des missions de l’Alliance

La fin de la Guerre froide amène l’OTAN à redéfinir son rôle et ses missions, bien que la défense du territoire des Alliés reste son rôle premier. Les Alliés décident alors d’établir des partenariats avec les anciens membres du Pacte de Varsovie, et, au-delà, avec des pays tiers susceptibles de contribuer à la sécurité de l’espace euro-atlantique. L’Alliance s’élargit également au fur et à mesure qu’adhèrent à l’OTAN d’anciens membres du bloc de l’Est. L’OTAN conduit également pour la première fois des opérations de gestion de crise, à partir de 1993 dans les Balkans.

L’évolution des missions de l’Alliance et l’adaptation de ses outils

Prenant acte des évolutions de son environnement de sécurité et des missions qui lui sont confiées, l’Alliance se dote au Sommet de Washington en 1999 d’un nouveau concept stratégique définissant les objectifs et les tâches de l’OTAN. Dix ans plus tard, les Alliés confient lors du Sommet de Strasbourg-Kehl (2009) à un groupe d’experts dirigé par l’ancienne secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright la rédaction d’un rapport sur le fonctionnement et les finalités de l’Alliance. Sur cette base, les Alliés se dotent en 2010 au Sommet de Lisbonne de l’actuel concept stratégique.

Parallèlement l’OTAN adapte ses moyens d’actions à son nouvel environnement de sécurité : les Alliés décident notamment en 2002, au Sommet de Prague, de créer la Force de réaction de l’OTAN (NRF), force multinationale (les Nations y contribuant à tour de rôle) de 25 000 personnels capable de se déployer rapidement pour des objectifs de défense collective ou pour des opérations de gestion de crises, mieux adaptée aux besoins de l’OTAN que les unités de grande taille de l’époque de la Guerre froide.

Les Alliés décident également lors du Sommet de Prague de rationaliser et de moderniser les structures militaires héritées de la Guerre froide. Ce sommet voit en particulier la création du Commandement Allié pour la Transformation (ACT), basé à Norfolk en Virginie, et commandé depuis 2012 par le général français Jean-Paul Paloméros, qui a pour rôle de diriger l’adaptation de la structure militaire, des forces, des capacités et de la doctrine de l’OTAN. Ce Commandement est notamment chargé du suivi de l’initiative de « Défense intelligente » lancée en 2012 pour combler les lacunes capacitaires de l’Alliance.

L’Alliance a enfin engagé en 2010 une réforme de sa structure de commandement et de son siège visant à réduire leur taille et à les rendre plus flexibles et plus efficaces.

Cette réforme, qui établit notamment une nouvelle répartition des postes entre les différents pays membres, doit également générer des économies en engageant les nations hôtes à contribuer davantage. La mise en place de ce nouveau dispositif a commencé le 1er décembre 2012 et doit atteindre sa pleine capacité opérationnelle en décembre 2015.

Lors du sommet de Lisbonne, les alliés ont également décidé de regrouper les nombreuses agences de l’OTAN (14 au total) dans trois organisations principales afin d’en améliorer l’efficacité. Un jalon important a été franchi à l’été 2012 avec la création de ces trois organisations (d’acquisition, de soutien et communications et d’information), ouvrant ainsi la voie aux travaux de rationalisation et d’optimisation visant à dégager d’ici à 2014 des économies substantielles (20% des coûts de fonctionnement).

En parallèle à ces réformes de structure, les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris lors du sommet de Washington en 1999 la décision d’édifier un nouveau siège de l’OTAN. En effet, l’actuel, construit dans les années 1960, ne répond plus au besoin tant au niveau des capacités d’accueil d’une Alliance de désormais 28 membres qu’en ce qui concerne les services mis à disposition par l’infrastructure bâtimentaire. Les travaux du nouveau siège sont programmés pour s’achever fin 2015.

Le développement de la politique de partenariats de l’Alliance

L’année 1991 voit la naissance du Conseil Nord-Atlantique de Coopération, renommé en 1997 Conseil de Partenariat Euro-Atlantique. En 1994 est fondé le Partenariat pour la Paix, qui encourage les partenaires à développer leurs capacités de défense tout en les incitant à se conformer aux exigences démocratiques. Voir "les partenariats de l’OTAN".

Parallèlement, l’OTAN crée en 1994 le Dialogue Méditerranéen avec l’Egypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie, que rejoint l’Algérie en 2000, puis, en 2004 l’Initiative de Coopération d’Istanbul (ICI), cadre de coopération et de dialogue avec quatre pays du Golfe (Koweït, Bahreïn, Qatar, Emirats Arabes Unis).

L’OTAN développe également un cadre de partenariat spécifique avec la Russie, grâce à la signature à Paris, en 1997, de l’Acte fondateur OTAN-Russie. Dans ce document, qui souligne que les Alliés et la Russie « ne se considèrent pas comme des adversaires », ceux-ci s’engagent à coopérer pour « construire une Europe stable, pacifique et sans division ». L’approfondissement des relations entre l’OTAN et Russie aboutit en 2002 à la création du Conseil OTAN-Russie. Des cadres de partenariat spécifiques sont également développés avec l’Ukraine (à partir de 1997) et la Géorgie (en 2008).

Le développement du partenariat OTAN-UE

L’OTAN établit également à partir du milieu des années 1990 une coopération avec l’Union européenne, dans le contexte des réflexions sur le développement de la défense européenne. En 1996, à Berlin, les Alliés décident notamment de permettre la mise à disposition de moyens de l’OTAN au profit de l’Union de l’Europe Occidentale (chargée depuis le Traité de Maastricht « d’élaborer et de mettre en œuvre les décisions et les actions de l’Union européenne qui ont des implications dans le domaine de la défense ») pour des opérations de gestion de crise. Après le tournant que constituent le sommet de Saint-Malo de 1998, lors duquel la France et le Royaume-Uni appellent à doter l’Union européenne d’une "capacité d’action autonome" de gestion de crises, et le Sommet de Cologne en 1999, lors duquel est décidée la création d’une politique européenne de sécurité et de défense, l’OTAN et l’UE entament une coopération dans le domaine de la défense.

Les arrangements dits de « Berlin plus », adoptés en 2003 permettent ainsi, comme pour l’UEO auparavant, le recours par l’UE aux capacités de planification et de conduite des opérations de l’OTAN. Ces arrangements sont mis en œuvre depuis 2003 dans le cadre des missions de l’Union européenne Concordia (Ancienne République Yougoslave de Macédoine), et Althéa (Bosnie-Herzégovine).

Les derniers Sommets de l’OTAN ont confirmé l’engagement des Chefs d’Etat et de gouvernement à renforcer la coopération et le dialogue entre l’OTAN et l’Union européenne, « partenaire unique et essentiel pour l’OTAN » selon les termes du concept stratégique de 2010. Voir "les relations UE-OTAN".

L’élargissement de l’Alliance après la Guerre froide

Après la Guerre froide, les Alliés décident d’inviter les pays européens qui le souhaitent et sont capables « de favoriser le développement des principes du présent Traité et de contribuer à la sécurité de la région de l’Atlantique Nord » (article 10 du Traité de l’Atlantique Nord) à adhérer à l’Alliance. Deviennent ainsi membres de l’OTAN :
-  en 1999 la Pologne, la République Tchèque et de la Hongrie ;
-  en 2004, la Roumanie, la Bulgarie, la Slovaquie, la Slovénie, la Lettonie, la Lituanie et l’Estonie ;
-  en 2009, la Croatie et l’Albanie.

Sont actuellement candidats à l’adhésion la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine et la Géorgie.

Les opérations de l’OTAN

French AWACS over the Libyan Airspace - Operation Unified Protector, June 2011 - JPEG

Awacs français surveillant l’espace aérien libyen dans le cadre de l’opération Protecteur unifié – juin 2011

En 1990 et 1991, lors de la première guerre du Golfe, l’OTAN déploie en Turquie des avions de l’OTAN dotés de systèmes aéroportés de détection (AWACS) ainsi que des systèmes de défense aérienne pour répondre à la menace posée par l’Irak, dans le cadre des opérations Anchor Guard puis Ace Guard.

L’OTAN lance pour la première fois une opération de gestion de crise en 1993 pour mettre en œuvre une zone d’exclusion aérienne en Bosnie-Herzégovine, en application des décisions du Conseil de sécurité, puis y conduit une opération au sol à partir de 1995 (IFOR puis SFOR). Entre février et mars 1999, l’Alliance conduit une opération aérienne en Serbie-Monténégro pour mettre fin au conflit au Kosovo, puis déploie une mission au sol, la KFOR. L’OTAN a également conduit trois missions successives entre 2001 et 2003 pour assister à la stabilisation de l’Ancienne République Yougoslave de Macédoine.

En Afghanistan, l’OTAN prend en 2003 le commandement de la la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) dans le cadre de la résolution 1386 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Cette mission, qui constitue l’engagement opérationnel le plus important de l’histoire de l’Alliance, doit prendre fin le 31 décembre 2014. Une nouvelle mission de l’OTAN pour l’assistance et la formation des forces de sécurité afghanes doit être mise en place à partir de 2015. Contrairement à la FIAS, il ne s’agira pas d’une mission de combat.

A compter du 1er avril 2011, l’OTAN intervient en Libye en application de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour protéger les populations civiles libyennes, dans le cadre de l’opération « Protecteur Unifié ». Cette opération fait suite aux actions engagées de façon coordonnée par la France et plusieurs autres alliés le 19 mars 2011. Conformément aux résolutions 1970 et 1973, l’opération « Protecteur Unifié » comprend plusieurs volets : la mise en œuvre d’un embargo aérien et maritime sur les armes à destination du régime libyen, la mise en œuvre d’une "zone d’exclusion aérienne" pour prévenir toute attaque aérienne contre la population et, enfin, la conduite d’opérations de frappe destinées à empêcher de nouvelles exactions contre la population libyenne. Pour la première fois dans une opération de l’OTAN, ce sont les Européens et le Canada qui fournissent le plus gros des moyens militaires (même si les Etats-Unis ont comblé des lacunes significatives dans des domaines-clé tels que le ravitaillement en vol ou le renseignement). Avec un quart des sorties aériennes et un tiers des actions aériennes offensives, la France joue un rôle central dans cette opération. C’est le corollaire du rôle politique joué par notre pays dans la résolution de cette crise. L’opération Protecteur unifié s’est achevée le 31 octobre 2011, après avoir pleinement rempli son mandat.

L’OTAN conduit également deux opérations maritimes : l’opération Active Endeavour, opération de détection et la dissuasion des activités terroristes en Méditerranée, depuis 2003, et depuis 2009 l’opération Ocean Shield, qui contribue aux efforts internationaux de lutte contre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique.

En décembre 2012, les Alliés ont décidé de renforcer les capacités de défense aérienne de la Turquie afin d’assurer la défense de sa population et de son territoire. Dans ce cadre, des batteries d’intercepteurs ont été déployées par trois Alliés près de la frontière turco-syrienne.

Pour aller plus loin : : http://www.nato.int/cps/fr/SID-B5495E5F-9A3EAE0F/natolive/what_is_nato.htm

Dernière modification : 12/06/2013

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