L’OTAN et l’UE, qui ont en commun 21 membres, ont noué un partenariat stratégique et entretiennent un dialogue politique régulier sur les questions de sécurité. Elles coopèrent concrètement dans les domaines de la gestion des crises internationales (lutte contre la piraterie, Afghanistan, Kosovo) et des capacités. La France, comme de nombreux autres pays membres de l’OTAN et de l’UE, s’emploie à renforcer et approfondir ce partenariat
L’Alliance atlantique et l’Union européenne partagent les mêmes valeurs politiques, et vingt et un pays européens appartiennent aux deux organisations - parmi lesquels la France, qui est un membre fondateur de l’OTAN et de l’UE.
Par ailleurs, depuis une dizaine d’années, les deux organisations sont devenues des acteurs majeurs dans la gestion des crises internationales et sont fréquemment engagées côte à côte sur les mêmes théâtres d’opérations. En effet, si la raison d’être première de l’OTAN demeure la défense collective, elle participe depuis 1992 à la gestion de certaines crises avec des moyens militaires. Pour sa part, l’Union européenne a développé une politique étrangère commune, dont l’une des dimensions est la politique de défense et de sécurité commune (PSDC), dans le cadre de laquelle elle a mené depuis dix ans une vingtaine d’opérations militaires et civiles.
Pour ces raisons – proximité politique et engagement commun dans la gestion des crises internationales – l’Alliance et l’Union ont noué un partenariat stratégique. Elles coopèrent dans le domaine des opérations et du développement des capacités militaires, et entretiennent un dialogue politique régulier.
Dans ce contexte, le Concept stratégique de l’OTAN, adopté au sommet de Lisbonne en 2010, qualifie l’Union européenne de « partenaire unique et essentiel », soulignant qu’une « Union européenne active et efficace contribue à la sécurité globale de la zone euro-atlantique ».
De nombreux pays alliés et Etats membres de l’Union, parmi lesquels la France, souhaitent intensifier la coopération OTAN-UE, alors que des blocages de nature politique n’ont jusqu’à présent pas permis à ce partenariat de donner toute sa mesure. La France entend continuer à promouvoir activement une coopération toujours plus étroite entre les deux organisations, comme le recommande notamment le rapport Védrine.
La gestion de crises
Concrètement, l’UE et l’OTAN coopèrent pour assurer la coordination et la complémentarité de leurs engagements opérationnels : • au large de la Corne de l’Afrique, pour les opérations Atalante (UE) et Ocean Shield (OTAN) • en Afghanistan, pour la mission de police de l’Union (EUPOL) et la force internationale d’assistance et de sécurité (FIAS) de l’OTAN • au Kosovo, s’agissant de la mission « Etat de droit » de l’UE (EULEX) et de la force de l’OTAN au Kosovo (KFOR),
L’OTAN peut par ailleurs mettre à la disposition des opérations de l’UE ses capacités militaires collectives dans le cadre des accords dits de « Berlin plus », signés en 2002. L’opération européenne Althea est ainsi conduite depuis 2004 avec le soutien de capacités collectives de l’OTAN.
Les capacités
La coopération dans le domaine des capacités constitue un autre enjeu essentiel de la relation UE-OTAN (Lien vers La défense intelligente). Son principal objet est de s’assurer que les actions conduites par les deux organisations, en particulier dans le cadre des initiatives de défense intelligente (OTAN) et de mutualisation et de partage (UE), ne se dupliquent pas mais, au contraire, se complètent et se renforcent mutuellement. Elle est assurée en particulier à travers un dialogue régulier entre le Commandement allié pour la transformation (ACT) et l’Agence européenne de défense (AED) pour l’Union européenne.
Cette coopération est indispensable pour les deux organisations car celles-ci disposent en réalité pour l’essentiel (21 alliés sur 28 étant membres de l’UE) du même « réservoir de forces » : les capacités militaires, nationales ou multinationales, développées dans le cadre de l’OTAN peuvent être utilisées dans une opération conduite par l’Union européenne, et réciproquement.
Au Sommet de Chicago, les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Alliance ont dans ce contexte salué les efforts déployés par l’UE (au paragraphe 20 du Communiqué), en particulier dans les domaines du ravitaillement en vol, du soutien médical, de la surveillance maritime et de la formation. Ils ont également, tout en appelant à un meilleur partage du fardeau des efforts militaires entre les deux rives de l’Atlantique, souligné l’importance de maintenir une industrie de défense forte en Europe.
