L’engagement français en Afghanistan [en]

La FIAS en bref

La Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) est déployée depuis 2001 sous l’autorité du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui a autorisé la mise sur pied de la force, initialement pour aider le gouvernement afghan « à maintenir la sécurité à Kaboul et dans les régions avoisinantes, afin que l’autorité intérimaire afghane et le personnel des Nations Unies puissent travailler dans un environnement sûr » (résolution 1386 du Conseil de Sécurité).

L’OTAN assume le commandement de la FIAS depuis août 2003, dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité. Limitée à l’origine à Kaboul, la FIAS s’est progressivement étendue, de 2003 à 2006, pour couvrir l’ensemble du territoire de l’Afghanistan. Les effectifs de la FIAS ont augmenté, parallèlement, pour passer de 5 000 hommes au début de la mission à près de 50 000 hommes en 2006. Ces effectifs ont triplé dans les années qui ont suivi pour atteindre près de 150 000 en 2010, avant de commencer à décroître à partir de 2012 en vue de la fin de la mission fin 2014.

La FIAS est une coalition de pays volontaires agissant sous mandat du Conseil de sécurité, et non pas une force de maintien de la paix (« casques bleus ») des Nations Unies à proprement parler. Cinquante pays, parmi lesquels les 28 membres de l’OTAN en font partie.

La FIAS a pour rôle principal d’aider le gouvernement afghan à créer un environnement stable et sûr. À cet effet, les éléments de la FIAS mènent des opérations destinées à assurer la sécurité et la stabilité dans l’ensemble du pays en coordination avec les forces de sécurité nationales afghanes et sont directement associés au développement de l’armée nationale afghane par le biais du mentorat, de l’entraînement et de l’équipement.

Orientations stratégiques

Au Sommet de l’OTAN à Bucarest en avril 2008, les alliés ont souscrit, sur proposition de la France, à quatre principes essentiels pour guider l’action de la coalition : « afghanisation » des responsabilités de sécurité, importance d’une stratégie globale se concentrant sur le développement économique et le renforcement de la gouvernance (pas d’approche purement militaire) ; importance de l’approche régionale.

Au Sommet de Lisbonne en novembre 2010, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont précisé le calendrier de mise en œuvre de cette stratégie : transfert des responsabilités de sécurité aux Afghans d’ici 2014, étant entendu que nous n’abandonnerons pas alors les Afghans à leur sort mais poursuivrons, sous une autre forme, la coopération avec eux.

La stratégie arrêtée lors du sommet de Lisbonne (novembre 2010) s’est avérée payante. La capacité de l’insurrection talibane à menacer l’existence même de l’Afghanistan démocratique a reculé. Surtout, le transfert des responsabilités de sécurité aux autorités afghanes a pu se réaliser à mesure que l’armée et la police afghanes remplissaient leurs objectifs tant sur le plan qualitatif que quantitatif. Les ANSF ont atteint la cible des 352.000 hommes. Elles ont conduit plus de 80% des opérations durant la dernière saison de combat.

Au Sommet de Chicago, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont pris acte de cette évolution et confirmé que la FIAS arriverait à son terme le 31 décembre 2014. De façon corollaire, de nombreux pays ont pu entamer le retour de leurs troupes. C’est le cas des Etats-Unis qui ont rapatrié au deuxième semestre 2012 tous les éléments de renfort (« surge ») arrivés sur le théâtre depuis 2010. La FIAS compte 103.126 troupes au 31 janvier 2013.

Rôle de la France

La France ne s’est pas contentée d’inspirer et de soutenir politiquement la stratégie de la FIAS, elle a également pris une part décisive à sa mise en œuvre sur le terrain dans les régions dont elle a eu la charge, ce qui a permis d’engager la transition dès 2009 dans le Commandement régional Centre (Kaboul), où la France était active depuis 2006, puis dans le district de Surobi en janvier 2012 et enfin dans la province Kapisa au printemps 2012.

A Chicago, le Président de la République a confirmé que la France allait procéder au retrait des troupes non-combattantes avant la fin de l’année 2012. Ainsi, depuis le 31 décembre 2012 seuls restent sur le sol afghan les personnels nécessaires à la manœuvre de redéploiement des matériels et ceux chargés de leur protection ainsi que ceux encore affectés au sein de la FIAS (environ 500 personnes affectées à des fonctions de formation des forces de sécurité afghanes, au commandement de l’aéroport et à l’hôpital militaire de Kaboul). En dépit du retrait de ses forces, la France entend poursuivre, après 2014, son action en faveur de l’Afghanistan, dans le cadre du traité d’amitié et de coopération que les deux pays ont conclu en 2012.

Les relations OTAN/Afghanistan après 2014

La stabilité de l’Afghanistan dépendra beaucoup de la capacité du pays à renforcer sa gouvernance et à se développer au plan économique ainsi que de son insertion dans une dynamique régionale positive. A cet égard, l’Afghanistan pourra compter sur le soutien de la communauté internationale, comme cela a été promis lors des conférences internationales de Bonn et Tokyo en 2012.

Les progrès du pays dans cette voie dépendront largement aussi de la capacité des forces afghanes à assumer elles-même la sécurité du pays. C’est pourquoi la question du maintien en condition de ces forces de sécurité revêt un caractère crucial. Ce maintien en condition relève d’abord des Afghans eux-mêmes, qui y prendront une part croissante, y compris au plan financier. La communauté internationale apportera un soutien qui, lui, ira décroissant.

Pour sa part, l’OTAN interviendra pour renforcer la professionalisation des forces de sécurité afghanes. A Chicago, l’OTAN et l’Afghanistan ont ainsi posé les bases d’une future mission de formation, de conseil et d’assistance aux force de sécurité afghanes qui succèdera à la FIAS au premier janvier 2015. Cette mission, qui ne sera pas une mission de combat, sera chargée de la poursuite du soutien à la professionalisation de forces afghanes dont le format sera revu à la baisse (228.500 à terme, contre 352.000 actuellement, selon les plans actuels).

A plus long terme, la coopération entre l’OTAN et l’Afghanistan se poursuivra dans le cadre du « partenariat durable » dont les bases ont été posées lors du sommet de Lisbonne en 2010.

Dernière modification : 05/03/2013

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