Les capacités : la "Défense intelligente" [en]

L’initiative de Défense intelligente (Smart Defence) vise à encourager les coopérations multinationales entre Alliés pour leur permettre de maintenir et de développer, dans un contexte d’austérité budgétaire, les capacités nécessaires à l’Alliance. La coopération entre l’OTAN et l’Union européenne dans ce domaine assure la cohérence entre les projets de « Défense intelligente » et ceux développés dans le cadre de l’initiative « mutualisation et partage » de l’UE. L’OTAN a par ailleurs reconnu au Sommet de Chicago le caractère essentiel d’une « industrie de défense forte en Europe » pour la « mise en place des capacités nécessaires » à l’Alliance.

Historique

Lors de la conférence sur la sécurité de Munich en février 2011, le Secrétaire général de l’OTAN a proposé que l’Alliance renouvelle son approche afin de se doter des capacités dont elle a besoin pour faire face aux défis de demain, dans un contexte d’austérité budgétaire et face aux lacunes capacitaires européenne identifiées ces dernières années, notamment lors de l’intervention de l’OTAN en Libye.

Cette initiative dite de Défense intelligente ou de Défense astucieuse (« Smart Defence »), consiste à encourager et étendre une pratique de coopération multinationale dans le domaine capacitaire que certains Etats avaient déjà adoptée, à l’instar notamment de la coopération entre la France et le Royaume-Uni prévue dans le traité de Lancaster House de novembre 2010 ou de celle entre la France et l’Allemagne.

L’initiative de Défense intelligente se veut complémentaire du processus de planification de défense mis en œuvre à l’OTAN depuis les débuts de l’organisation. A terme, les projets multinationaux développés dans le cadre de la Défense intelligente pourront être pris en compte dans ce processus de façon à combler les lacunes capacitaires identifiées lors d’engagements en opération.

Au sommet de Chicago en mai 2012, les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays alliés ont reconnu l’importance de cette initiative Défense intelligente dans une déclaration consacrée aux capacités de défense. Le Commandant suprême des forces alliées pour la Transformation (le général français Jean-Paul Palomeros) et le Secrétaire général délégué de l’OTAN, M. Alexander Vershbow, sont chargés de promouvoir cette initiative.

La France et la « Défense intelligente »

La France apporte son plein soutien à cette initiative qui doit conduire à une meilleure répartition du fardeau de part et d’autre de l’Atlantique et à une plus grande responsabilité des Européens dans leur défense, par ailleurs indissociable du renforcement de l’industrie européenne de défense.

Nous sommes ainsi l’un des principaux contributeurs à la Défense intelligente en participant à 14 projets multinationaux sur les 24 identifiés par le Commandant Suprême Allié pour la Transformation comme les plus aboutis et nous sommes à la tête de deux projets dans les domaines du carburant et du soutien médical. Lors du sommet de Chicago, des projets d’envergure particulièrement révélateurs de l’état d’esprit que représente la Défense intelligente ont par ailleurs été pris en exemple, dont notamment l’initiative conjointe franco-américaine pour renforcer les capacités de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR).

La France reste par ailleurs vigilante sur deux points :
-  d’une part, les nations membres de l’OTAN doivent rester les acteurs déterminants du développement de capacités de défense, l’Alliance ne pouvant se substituer aux Etats dans leur responsabilité d’assurer leur défense, d’organiser leur développement capacitaire, et de décider de l’emploi de leurs capacités.
-  d’autre part, cette initiative ne doit pas conduire à accroître le périmètre du financement commun de l’OTAN, les capacités développées dans un cadre multinational ayant vocation à être financées directement par les Alliés concernés.

La coopération UE-OTAN dans le domaine des capacités

Lors du sommet de Chicago, les Alliés ont reconnu dans leur déclaration sur les capacités qu’il incombait aux Européens de combler les lacunes capacitaires proprement européennes et souligné que les projets de la Défense intelligente doivent s’inscrire dans une complète complémentarité avec ceux menés à l’Union européenne dans le cadre de l’initiative « Mutualisation et partage ».

Un dialogue nourri entre les services de l’OTAN et de l’Union européenne, notamment entre le Commandement Allié pour la Transformation et l’Agence européenne de Défense permet d’éviter les doublons entre les deux organisations (voir Les relations UE-OTAN). A cet égard, lors du sommet de Chicago en mai 2012, les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN ont ainsi salué les efforts menés dans le cadre européen pour renforcer les capacités européennes de ravitaillement en vol.

Les Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Alliance ont enfin, pour la première fois dans un texte de l’OTAN, souligné l’importance d’une industrie européenne de défense forte. Il s’agit d’une évolution logique, une redistribution des retombées industrielles au profit des Européens étant le corollaire nécessaire d’un meilleur partage du fardeau, comme le souligne la France depuis longtemps.

Pour aller plus loin :

- Déclaration sur les capacités de défense adoptée au sommet de Chicago :

http://www.nato.int/cps/en/natolive/official_texts_87594.htm

- ABRIAL, Stéphane, « L’OTAN doit renforcer sa sécurité face aux nouvelles menaces » in Le Monde, 10 octobre 2012.

http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2012/10/10/l-otan-doit-renforcer-sa-securite-face-aux-nouvelles-menaces_1772267_3232.html

- Dossier Smart Defence dans la Revue de l’OTAN :

http://www.nato.int/docu/review/2012/smart-defence/EN/index.htm

- GRAND Camille, "La Smart Defence : une opportunité pour la France ?" in TTU, 1er février 2013

http://www.ttu.fr/la-smart-defence-une-opportunite-pour-la-france/

Dernière modification : 06/03/2013

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