La défense antimissile balistique [en]

L’OTAN développe depuis plusieurs années un programme de défense anti-missile balistique (DAMB) destiné à protéger ses forces lorsqu’elles sont déployées sur un théâtre d’opération. En 2010, à Lisbonne, les pays de l’Alliance ont décidé de développer un système de défense antimissile pour protéger le territoire et les populations européens. Au sommet de Chicago, une capacité intérimaire de défense antimissile a été déclarée par les Chefs d’Etat et de gouvernement et un cadre précis a été fixé pour le développement du système de défense antimissile de l’OTAN.

La défense antimissile de théâtre

Depuis plusieurs années, l’OTAN développe un programme de défense antimissile balistique (DAMB) destiné à protéger ses forces lorsqu’elles sont déployées sur un théâtre d’opération. Il s’agit du programme de défense multicouche active contre les missiles balistiques de théâtre (ALTBMD).

Le projet de défense antimissile des territoires et des populations

En 2009, les Etats-Unis ont proposé que l’OTAN se dote d’une capacité propre de défense antimissile balistique des territoires et des populations. L’administration Obama après avoir abandonné le projet de bouclier anti-missile de l’administration Bush, promeut dans ce cadre une « approche adaptative phasée » (EPAA) en vue d’assurer la protection des territoires européen et américain contre les missiles balistiques.

Dans ce contexte, les Chefs d’Etat et de gouvernement des pays de l’Alliance ont décidé, au Sommet de Lisbonne en 2010, que « l’Alliance développerait une capacité de défense antimissile pour accomplir sa tâche fondamentale de défense collective », en élargissant les capacités existantes de défense antimissile de théâtre. Il a été décidé que la mise en place de cette capacité de défense antimissile de l’OTAN se ferait « sur la base des principes de l’indivisibilité de la sécurité des Alliés et de la solidarité au sein de l’OTAN, du partage équitable des risques et des charges, ainsi que de la demande raisonnable, compte tenu du niveau de la menace, de la soutenabilité financière et de la faisabilité technique, et en fonction des dernières évaluations communes de la menace agréées par l’Alliance. ».

Ce système aura pour but d’assurer « la couverture totale et la protection de l’ensemble des populations, du territoire et des forces des pays européens de l’OTAN contre la menace croissante que représente la prolifération des missiles balistiques ».

Le Sommet de Chicago : une nouvelle étape pour le système de défense antimissile de l’OTAN, un cadre réaffirmé et précisé

Lors du Sommet de Chicago, l’Alliance a franchi une étape en déclarant une capacité intérimaire de défense antimissile de territoire. Cette capacité intérimaire constitue une première étape, de portée limitée, de mise en œuvre opérationnelle de la défense anti-missile. Elle offre aux pays du sud-est de l’Europe une couverture contre une attaque de missiles balistiques, dans la limite des moyens disponibles, américains pour l’essentiel à ce stade.

La France soutient pleinement le développement d’une capacité de défense antimissile de territoire, dans le respect de certaines conditions. Nous avons ainsi demandé et obtenu à Chicago qu’un cadre précis soit fixé par les Alliés, sur plusieurs points en particulier :

1) le développement du système de défense antimissile de l’OTAN sera fondé sur une évaluation régulière de la menace et adapté en fonction de l’évolution de celle-ci ; le communiqué de Chicago précise ainsi que « si les efforts internationaux devaient permettre de réduire les menaces qu’engendre la prolifération des missiles balistiques, la défense antimissile de l’OTAN pourra être adaptée en conséquence, et elle le sera » ;

2) la défense antimissile de l’OTAN est complémentaire de la dissuasion nucléaire, mais elle ne peut s’y substituer ;

3) l’OTAN se dotera d’une capacité propre de défense antimissile pour permettre à tous les pays alliés d’exercer leur contrôle politique sur cette capacité ;

4) les coûts de la mise en place de la défense antimissile doivent être maîtrisés : seuls les systèmes de commandement et de contrôle seront admissibles au financement commun. Les autres contributions (radars et missiles intercepteurs) sont volontaires et seront financées à titre national ;

5) un dialogue doit être engagé avec les Etats tiers, en particulier ceux qui pourraient être affectés par le système de l’OTAN (en cas d’interception au-dessus de leur territoire, par exemple). Une coopération doit en particulier être recherchée avec la Russie.

C’est dans ce cadre que les travaux de mise en œuvre d’une défense antimissile de territoire se poursuivent. La prochaine étape importante doit être la déclaration de capacité opérationnelle initiale de la défense antimissile de l’OTAN, dont la date n’est pas encore connue.

Pour aller plus loin : Page du site de l’OTAN sur la défense antimissile

Dernière modification : 18/06/2013

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