- La force de gendarmerie européenne bonne pour le service

VICENCE (Italie), 23 jan 2006 (AFP) - La force de gendarmerie européenne (FGE), dont l’état-major permanent a été inauguré lundi à Vicence (Italie) par les ministres des cinq pays participants, est prête à intervenir à l’extérieur de l’Union européenne dans un pays en guerre ou en grave crise intérieure.
La FGE effectuera un exercice de terrain en avril près de Madrid après un premier exercice en juin 2005 à Saint-Astier (sud-ouest, France). Mas sans attendre, la ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie, à l’origine de la création de la FGE, a souhaité dans un discours que cette force soit "engagée dès cette année". Interrogée ensuite par la presse, elle a cité comme possibilité de mission "les Balkans", sans autre précision, soulignant que le "premier déploiement de la FGE devra être visible afin de conforter la crédibilité de la défense européenne". Tout comme Mme Alliot-Marie, les ministres de la Défense Antonio Martino (Italie) et Henk Kamp (Pays-Bas) et ceux de l’Intérieur Antonio da Costa (Portugal) et José Suarez (Espagne) ont souligné que cette cérémonie marquait un "pas important" dans la construction de l’Europe de la Défense.
Rangés dans la cour de la caserne de carabiniers Chinotto de Vicence, deux cents gendarmes, coiffés, qui d’un bicorne avec un plumet bleu et rouge, qui d’un képi, d’un tricorne ou d’une casquette, ont rendu les honneurs - avec les ordres donnés en anglais, la langue de travail de la FGE - aux personnalités ainsi qu’à Günter Platter, le ministre de la Défense de l’Autriche, pays qui vient de prendre la présidence de l’UE. Le général italien Rolando Mosca Moschini, président du Comité militaire de l’Union européenne (UE) a affirmé que la FGE constitue une "valeur ajoutée à une force militaire européenne purement militaire".
La FGE, dont la devise est "Lex pacifirat" (Que la loi amène la paix), est destinée à intervenir, après un accord unanime des cinq pays qui la composent, à la demande de l’UE ou au profit de l’Onu, de l’Otan ou de l’OSCE. Après cet accord, chacun des cinq pays pourra alors décider d’affecter ou non des unités à la force ad hoc.
La FGE, dont la création avait été décidée le 17 septembre 2004 à Noorwijk (Pays-Bas), est formée des forces de police à statut militaire : carabiniers italiens (120.000 hommes et femmes), gendarmes français (103.000), gardes civils espagnols (73.000), gardes républicains portugais (26.000) et membres de la Maréchaussée royale des Pays-Bas (6.600). L’état-major permanent de la FGE, compte trente officiers et sous-officiers des cinq pays, dirigé par un carabinier, le colonel Giovanni Pietro Barbano. La FGE a également constitué une force de réaction rapide, l’EUROGENDFOR, commandée par le général français Gérard Deanaz, capable de déployer 800 hommes dans un délai de trente jours.
"La FGE est une force robuste, capable d’intervenir sur tout le spectre d’une crise, depuis la phase d’engagement militaire à celle du retour à la stabilisation et de déployer des capacités de police judiciaire, de maintien de l’ordre, de lutte contre le crime organisé, le terrorisme et de recherche de criminels de guerre", a expliqué à la presse le colonel Barbabo. Selon le général Deanaz, l’Eurogendfor pourra agir seule, sous commandement militaire ou sous commandement civil. Sa force initiale de 800 hommes pourra être portée, selon la mission, juqu’à 2.300 hommes.

Dernière modification : 17/01/2008

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