Le dispositif français pour l’Afghanistan

Le dispositif français pour l’Afghanistan

Le dispositif militaire français engagé dans le cadre des opérations en Afghanistan est armé par 4 000 militaires qui opèrent sur le territoire afghan, depuis le Tadjikistan et dans l’océan Indien.

La mission en Afghanistan est de :

* sécuriser les zones placées sous notre responsabilité pour permettre les opérations de développement, de reconstruction, le déploiement des services de l’Etat.
* soutenir la montée en puissance de l’armée nationale afghane pour lui permettre de reprendre à son compte les missions de sécurisation.

Sommaire

La Task Force La Fayette (TF La Fayette) 

- les groupements tactiques interarmes (GTIA)
- le bataillon de commandement et de soutien (BCS)
- le bataillon d’hélicoptères (BatHélico)

La montée en puissance de l’armée nationale afghane

- L’opération Epidote
- L’afghan commando school
- Les Operational Mentor and Liaison Teams

Le soutien aérien

- Le détachement aérien de combat de Kandahar
- Le détachement de drones SIDM à Bagram
- Le détachement aérien de transport (Tadjikistan)

La composante maritime (Task Force 150 et 57)

La Task Force La Fayette (TF La Fayette)

La Task Force (TF) La Fayette constitue l’une des sept brigades de combat (Brigade Combat Team ) du Commandement régional Est (RC-E). Elle a pour zone d’opération le district de Surobi et la province de Kapisa à l’est et au nord est de Kaboul.

Déployée sur plusieurs bases et postes avancés, elle conduit des opérations de sécurisation et de contrôle de zone, des missions au profit de la population (neutralisation d’IED, soutien direct à la population avec des actions civilo-militaires), ainsi que des opérations conjointes avec les forces de sécurité afghanes conseillées par des militaires français.

Elle comprend : - un état-major installé à Nijrab,- deux groupements tactiques interarmes (GTIA) : le GTIA Kapisa, déjà en place depuis l’été 2008, et le GTIA Surobi,- un bataillon de commandement et de soutien qui reste basé à Kaboul,- un bataillon d’hélicoptères qui reste positionné sur l’aéroport international de Kaboul,- des éléments rattachés : composantes artillerie, transmission, renseignement, actions civilo-militaires.

Dans la zone de la TF La Fayette, les operational mentoring and liaison teams françaises (OMLT) sont également déployées auprès des bataillons de la 3ème brigade du 201ème corps de l’armée nationale afghane (ANA).

Ce dispositif militaire s’inscrit dans le cadre d’une approche globale incluant par ailleurs :

* un pôle de stabilité, une équipe d’experts civils mise en place par le ministère des affaires étrangères et européennes auprès de la brigade La Fayette afin de coordonner les actions de gouvernance et de développement socio-économiques ;
* un détachement de la gendarmerie qui assure d’une part des missions de formation à Kunduz dans le Nord de l’Afghanistan et qui arme des police operational mentoring and liaison teams (POMLT) déployées en Kapisa et Surobi auprès de la police afghane.

Les groupements tactiques interarmes (GTIA)

Les GTIA conduisent des opérations en soutien des forces de sécurité afghanes. Ces opérations visent à établir un environnement suffisamment sûr pour permettre la réalisation de programmes civils de reconstruction et de développement. Avec les forces de sécurité afghanes, les GTIA mènent des opérations de sécurisation, soutiennent les opérations de recherche et de fouille conduites par les forces de sécurité afghanes (armée nationale, police ou services de renseignement), mènent des projets d’assistance à la population et contribuent au renforcement de la gouvernance. Les GTIA contribuent enfin à la sécurité de la population par la récupération et la destruction de munitions non explosées, tels que des obus, roquettes ou mines.

Le groupement tactique interarmes (GTIA) Kapisa

Déployé en Kapisa, ce GTIA comprend un poste de commandement et un élément de soutien, implantés sur la base opérationnelle avancée (FOB en anglais) de Nijrab, des compagnies d’infanterie renforcés d’éléments blindés, génie, artillerie (mortiers de 120, canons Caesar) et santé répartis entre la FOB de Nijrab et celle de Tagab.
Le groupement tactique interarmes (GTIA) Surobi

Basé en Surobi, principalement sur la base avancée de Tora, ce GTIA est constitué d’un poste de commandement à Tora, de 3 compagnies de combat d’infanterie renforcées d’éléments d’appui du génie et d’artillerie ainsi que de moyens de renseignement (drone SDTI). Il est soutenu par des moyens santé et logistique. Il opère en Surobi et dans le Sud de la Kapisa.

Le bataillon logistique (BatLog)

Basé à Kaboul, il coordonne et met en œuvre la chaîne logistique au profit de la TF La Fayette et de tous les éléments français déployés en Afghanistan. Son rôle est d’assurer le soutien logistique et administratif des unités et la maintenance technique des équipements. Le détachement santé qui arme l’hôpital militaire international de Kaboul (Role 3 ), délivre des soins médicaux et chirurgicaux aux troupes de la coalition, aux militaires afghans et à la population afghane.

Le bataillon d’hélicoptères (BatHélico)

Basé sur l’aéroport international de Kaboul, le bataillon d’hélicoptères français (BATHELICO) est placé sous le commandement opérationnel de la « TF La Fayette ». Il compte 13 hélicoptères : 3 EC 725 Caracal , 4 Gazelle Viviane, 3 Tigre et 3 Cougar .

Les capacités de ces hélicoptères lui permettent de conduire des missions de transport de troupes, d’appui des troupes au sol, de surveillance et d’évacuation médicale. Ils opèrent au principalement au profit des troupes françaises en Kapisa, en Surobi et à Kaboul et sont en mesure d’intervenir au profit du RC-C.

La montée en puissance de l’armée nationale afghane

La France accompagne depuis 2002 la montée en puissance de l’Armée nationale afghane (ANA) en assurant la formation des militaires afghans dans les écoles (formation des officiers, écoles de spécialité et commandos afghans), et en conseillant les unités afghanes sur le terrain dans le cadre des operational mentoring and liaison teams (OMLT).
L’opération Epidote

Le détachement français Epidote est déployé en Afghanistan pour participer à la formation des militaires afghans depuis 2002.

Il a tout d’abord participé à la formation des six premiers kandaks afghans, trois ont été formés par les militaires français et trois autres par les militaires américains, en 2002 et 2003.

Puis, le ministère de la Défense afghan a développé progressivement son dispositif de formation principalement articulé autour des centres de formation initiale pour la troupe, les sous-officiers et les officiers, des centres de formation de deuxième niveau, une université de Défense, un centre de doctrine et des écoles de spécialités.

Depuis 2003, les missions d’Epidote se sont diversifiées. Aujourd’hui, le détachement est engagé :

* dans la formation initiale des officiers (élèves officiers, chefs de section et commandants de compagnie) ;
* dans la formation supérieure des officiers (école d’état-major et école de contre-insurrection) ;
* dans les écoles de spécialités (renseignement, soutien / logistique, blindés, infanterie, santé et artillerie).

L’objectif est de former les instructeurs afghans pour qu’ils puissent à leur tour former les militaires afghans. Depuis 2003, le détachement Epidote a participé à la formation de plus de 11 000 officiers afghans.
L’afghan commando school

Depuis 2007, des militaires français des forces spéciales forment, avec leurs homologues américains et afghans, les commandos afghans.

De 2007 à 2010, l’afghan commando school a formé 9 kandaks commandos, répartis dans les corps d’armée afghans.

La mission se poursuit aujourd’hui pour continuer à former de nouveaux commandos afghans qui rallieront les kandaks existants.

Depuis 2007, plus de 6000 militaires afghans ont été formé à l’afghan commando school .

Les operational mentoring and liaison teams (OMLT)

Les OMLT (operational mentoring and liaison teams ) sont des équipes de conseillers et instructeurs intégrées dans les unités opérationnelles de l’armée afghane qu’elles accompagnent et conseillent dans toutes leurs missions, à l’instruction ou au combat.

Leur mission de conseil porte sur la conduite de l’instruction et l’entraînement, la planification puis la conduite des opérations sur le terrain. En opérations les OMLT mettent en œuvre, au profit des unités afghanes, les appuis aériens et terrestres de la coalition lorsque les conditions le réclament. Il s’agit enfin de favoriser les liaisons entre l’ANA et l’ISAF afin de mener des actions coordonnées.

A compter d’octobre 2010, sept OMLT françaises sont déployées sur le théâtre afghan. Elles encadrent la totalité des unités de la 3ème brigade du 201ème corps de l’ANA :

* l’état-major de la brigade ;
* trois bataillons kandaks d’infanterie qui opèrent en Kapisa à partir des FOB de Tagab, Nijrab et Tora et des postes de combat avancés (COP) en Kapisa et en Surobi ;
* un kandak appui qui opère à partir des COP en vallée de Tagab dans le Sud de la Kapisa ;
* un kandak soutien basé avec l’état-major de la brigade ;
* - et, un quatrième et nouveau kandak infanterie, actuellement en formation qui doit rejoindre sa zone d’opération dans le Parwan, province limitrophe de la Kapisa.

Enfin, des éléments sont insérés au sein de l’état-major du 201ème corps et de l’OCCP de la province de Kapisa (le centre provincial de coordination des opérations de l’ensemble des forces de sécurité afghanes, armées, police, services de renseignement, sous l’autorité du gouverneur local).

Les premières OMLT françaises ont été déployées en Afghanistan en 2006.

Jusqu’en novembre 2009, elles ont conseillé la 1ère brigade du 201ème corps de l’ANA qui opérait principalement dans le Wardak et le Logar au sud ouest de Kaboul. Cette brigade est l’une des premières à avoir obtenu le niveau de certification le plus élevé (CM1) attestant de son aptitude à planifier et à conduire des opérations et à être engagée de manière autonome.

Fin 2009, ces OMLT ont été redéployées en Kapisa – Surobi pour encadre la 3ème brigade du 201ème corps.

De plus, entre 2008 et 2010, une OMLT était déployée auprès de la 4ème brigade du 205ème corps de l’armée afghane dans la province d’Oruzgan dans le sud du pays. Elle était insérée au sein du 1er kandak infanterie de cette brigade qui opérait à partir des bases avancées de Tarin Kowt et Deh Rawood dans la zone de responsabilité du contingent néerlandais. A l’automne 2010, avec le départ des forces néerlandaises et le redéploiement des forces de la coalition dans cette zone, OMLT française a été désengagée de la province d’Oruzgan pour être redéployée auprès de la 3ème brigade du 201ème corps.

Ce redéploiement et l’envoi d’une OMLT supplémentaire en octobre 2010 ont permis de prendre en compte l’ensemble des unités de la brigade afghane qui opère dans la zone de la brigade La Fayette.

Le soutien aérien

Depuis octobre 2001, la France apporte un soutien aérien aux opérations de la coalition (FIAS et Opération Enduring Freedom ). Ce soutien s’applique dans les domaines de l’appui des troupes au sol, du renseignement, du transport.

Il s’exerce de manière permanente depuis Kandahar et Bagram (Afghanistan) et Douchanbé (Tadjikistan).

En cinq occasions, le dispositif aérien a été renforcé par le groupe aéronaval mis en œuvre depuis le porte-avions Charles de Gaulle navigant dans le nord de l’océan Indien. Dans le cadre de l’opération Agapanthe 2010 , les moyens aériens du théâtre ont été renforcés, à la fin de l’année 2010, par 21 Rafale et Super Étendard catapultés par le porte-avions. Depuis cette plate-forme, des avions de guet aérien Hawkeye ont participé à la coordination tactique des opérations aériennes dans le ciel afghan.

Par ailleurs, un avion ravitailleur C135 opère au profit de la coalition depuis une base du golfe arabo-persique.
Le détachement aérien de combat de Kandahar

Un détachement de six avions de combat est déployé depuis 2007 à Kandahar. Ces aéronefs opèrent sur l’ensemble du territoire afghan, au profit de l’armée afghane et des forces de la coalition. Ils accomplissent des missions de présence aérienne, de démonstration de force, d’appui-feu au profit des troupes au sol. Par ailleurs, ils assurent des missions de reconnaissance et de surveillance d’itinéraire ou de zone. Ils conduisent chaque semaine une quinzaine de missions.

Le détachement est implanté sur la base de Kandahar où 21 nations sont représentées.

Le détachement de drones SIDM à Bagram (Regional command East )

Un détachement de drones SIDM Harfang de type MALE (moyenne altitude longue endurance) est déployé sur la base de Bagram. Les drones effectuent des missions de surveillance et de reconnaissance au profit des troupes au sol, principalement dans la partie nord-est de l’Afghanistan, Il apporte ainsi un soutien aérien aux troupes au sol en transmettant des images en temps réel permettant une meilleure connaissance du terrain et du dispositif adverse. Le rythme des vols est en moyenne d’une mission tous les deux jours, pendant une à deux dizaines d’heures, de jour comme de nuit.
Le détachement aérien de transport (Tadjikistan)

Deux avions de transport Transall C160, déployés à Douchanbé au Tadjikistan, assurent des vols logistiques intra-théâtres. Ils contribuent à la mobilité tactique des forces de la coalition et mènent des actions humanitaires.

La composante maritime ( Task Force 150 et 57)

La France participe à la composante aéromaritime de l’opération Enduring Freedom (Task force 150) qui a pour mission de contrôler l’espace aéro-maritime du nord de l’océan Indien, d’empêcher le transit de terroristes de la zone Afghanistan vers la péninsule arabique ou la corne d’Afrique, et de lutter contre les trafics illicites (armes, drogues).

La participation de la France à la Task Force 150 comprend généralement une frégate. Depuis sa création, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, la France a pris six fois le commandement de la TF150.

Sources : EMA

Droits : Ministère de la Défense et des anciens combattants

Dernière modification : 20/10/2014

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