Les ministres de la défense se réunissent à l’OTAN

Mercredi 10 et jeudi 11 février, les ministres de la Défense des 28 pays membres de l’alliance et de certains pays partenaires se sont réunis au siège de l’OTAN, à Bruxelles, pour évoquer plusieurs sujets : la posture de l’alliance en matière de dissuasion et de défense, la demande conjointe germano-gréco-turque d’assistance pour la surveillance maritime de la méditerranée et d’autres sujets d’actualité à l’OTAN.

Trois fois par an, les ministres de la Défense des alliés et de pays partenaires se réunissent à Evere, au siège de l’OTAN, pour évoquer les sujets qui occupent l’alliance.

Réaffirmation des capacités de défense et de dissuasion

Le 10 février, le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a ouvert cette ministérielle en rappelant que le renforcement de la dissuasion et de défense étaient les deux grands axes des discussions à venir. L’alliance tenait à rappeler qu’elle disposait, si nécessaire, des capacités et de la volonté pour mettre en œuvre l’article 5 du traité de Washington de 1949, selon lequel une attaque contre un des alliés serait susceptible d’engendrer une réponse collective à 28.
Il a été convenu que cette présence avancée renforcée devait se faire sur une base multinationale et rotationnelle, dans le respect de l’acte fondateur OTAN-Russie de 1997 qui stipule qu’aucune troupe de l’OTAN ne doit être stationnée de façon permanente sur le sol des anciens pays soviétiques. Le respect de cet accord était un préalable nécessaire à une décision sur le renforcement de la présence de l’alliance dans cette zone. Ce renforcement passait aussi par le stationnement de matériels et d’infrastructures. Il a été rappelé que la dissuasion devait aller de pair avec le dialogue, à ce titre un conseil OTAN-Russie pourrait être envisagé dans les prochaines semaines. Dans cette démarche de transparence, l’alliance a réitéré sa volonté de moderniser le Document de Vienne et son soutien à l’Allemagne pour sa présidence de l’OSCE.

Déclaration d’une capacité opérationnelle initiale « JISR » (renseignement, surveillance et reconnaissance interarmées)

Cette capacité opérationnelle est destinée à favoriser une meilleure connaissance de la situation au sein de la force de réaction de l’OTAN. Le JISP permettra d’optimiser les ressources dont disposent déjà les alliés en renforçant l’interconnectivité des systèmes, en améliorant la formation des personnels et les procédures de traitement et de partage de l’information. La coopération mise en place à travers la JISR a vocation à être développée et renforcée à l’avenir.
Coopération OTAN-UE dans le domaine maritime et la gestion des flux de migrants
Le jeudi 11 février, les ministres se sont penchés sur la requête des alliés (Allemagne, Grèce et Turquie) d’un soutien de l’alliance aux opérations maritimes de surveillance des flux de migrations illégales. L’OTAN a donc accepté de mettre à contribution le Standing Maritime Group 2, déjà déployé dans la zone, pour effectuer des opérations de reconnaissance, de monitoring et de surveillance. L’alliance viendra donc en soutien des garde-côtes nationaux, sans prendre en charge la gestion directe de ces flux, et en étroite collaboration avec l’UE, dont son agence FRONTEX.

Soutien de l’alliance à la coalition contre Daech

Le même jour, l’alliance a pris la décision de principe de mettre certains avions AWACS en appui de la coalition contre Daech. Ce soutien pourra notamment permettre aux Etats à la fois membres de cette coalition et de l’OTAN de dégager des capacités nationales pour la lutte contre les terroristes.
Enfin, il a été rappelé que les capacités de résilience (civiles et militaires) des alliés et des partenaires étaient un élément crucial qui relevait en premier lieu de la responsabilité nationale. Toutefois, l’OTAN ou l’UE pouvaient fournir des outils ou des conseils sur des points spécifiques.

Efforts des alliés en matière de dépenses de défense

Cette ministérielle a été l’occasion de passer en revue les efforts réalisés par les alliés et d’évaluer leur conformité avec les engagements pris lors du sommet du Pays de Galle en 2014 pour un meilleur partage du fardeau. Si la cible de 2% du PIB consacrés aux dépenses de défense n’était atteinte que par quelques alliés (la France se situe à 1,8%), la tendance était à la stabilisation, voire à la hausse des dépenses. Les alliés ont donc confirmé réorienter leurs politiques budgétaires en ce sens. Par ailleurs, la France, comme plusieurs autres pays, pouvait se féliciter d’être au-delà des exigences de Newport en consacrant près de 25% de ses dépenses en investissements contre les 20% ciblés.

Point de situation sur le partenariat OTAN-Géorgie

Le dernier Conseil était dédié aux relations entre l’OTAN et la Géorgie. Ce Conseil a été l’occasion d’évaluer les avancées réalisées par Tbilissi en matière civile ou militaire et de rappeler la nécessité de poursuivre ces efforts. En ce sens, la coopération existante entre l’OTAN et son partenaire était très satisfaisante, en témoigne l’ouverture prochaine d’un Centre d’Entrainement commun à Tbilissi. L’alliance a par ailleurs réitéré son attachement au respect de l’intégrité territoriale de la Géorgie.

Dernière modification : 09/03/2016

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