Rencontre le 31 mars entre Hervé Morin et le Secrétaire général de l’OTAN

Hervé Morin a reçu, le 31 mars 2010, Anders Fogh Rasmussen, Secrétaire général de l’OTAN. Une rencontre au cours de laquelle ont été abordées la réforme de l’Alliance atlantique, la situation en Afghanistan ainsi que diverses questions relatives à la défense et la sécurité en Europe.

« J’ai rappelé à M. Rasmussen l’importance que la France attachait à la réussite des travaux qui sont en cours au sein de l’Alliance atlantique, notamment sur la rénovation du concept stratégique ainsi qu’à ceux liés à la transformation et à la rénovation de la structure de l’Alliance », a déclaré le ministre de la Défense, précisant que le secrétaire général de l’OTAN « aurait le soutien de la France et mon soutien le plus total ».

« Par ailleurs nous avons évoqué la question afghane. J’ai rappelé que la France avait effectué depuis deux ans des efforts importants. Nous continuerons (…) en mettant l’accent sur la formation. La capacité pour les Afghans de prendre en main leur destin et leur souveraineté. »

M. Rasmussen s’est exprimé sur les contributions militaires françaises au Kosovo et en Afghanistan, en précisant que « les soldats français font un travail excellent et remarquable. En Afghanistan nous allons voir des progrès en 2010, en raison de l’augmentation du nombre des troupes internationales ».

« Avec Hervé Morin nous avons discuté de l’avenir de l’OTAN. Nous convenons qu’il est nécessaire pour l’OTAN de s’adapter aux nouveaux défis de sécurité du XXIe siècle. Nous devons rendre nos forces armées plus flexibles et plus mobiles », a ajouté le secrétaire général.

La France a annoncé sa plein réintégration dans le commandement militaire de l’OTAN lors du sommet de Strasbourg-Kehl les 3 et 4 avril 2009, dates de célébration du 60e anniversaire de l’organisation.

Un retour qui s’est traduit notamment par l’attribution à la France de 17 postes d’officiers généraux dans la structure de commandement militaire. Six d’entre eux ont été honorés en 2009. Parmi eux, celui de Commandant suprême allié de la Transformation à Norfolk (Etats-Unis), occupé par le général Stéphane Abrial et celui de Commandant de l’état-major de la force interarmées à Lisbonne (Portugal) avec le général Philippe Stoltz .

La France prévoit également d’affecter près de 1 100 personnes au sein de la structure de commandement avec une montée de puissance progressive jusqu’en 2012.

Source : site du ministère de la défense

Discours du Ministre sur la réforme de l’Alliance (29 mars 2010) :

"Il faut moderniser la gouvernance de l’OTAN"

Au sommet de Strasbourg-Kehl, en avril 2009, la France a repris toute sa place dans l’Alliance atlantique, y compris au sein de ses structures militaires. A cette occasion, les Alliés se sont aussi engagés à rénover l’Alliance afin de la mettre en mesure de faire face aux menaces d’aujourd’hui et d’anticiper les risques de demain. Transformer, réformer, rénover l’OTAN : trois mots d’ordre utilisés de manière incantatoire depuis la fin de la guerre froide. Mais les choix ne peuvent plus être différés. Alors que tous nos pays, et l’OTAN elle-même, affrontent de sérieuses difficultés budgétaires sans précédent, il nous faut engager une vraie réflexion sur notre ambition commune. Nous comptons à présent sur le secrétaire général de l’OTAN pour proposer leur mise en œuvre rapide.

Notre premier objectif est de fixer une nouvelle ambition pour l’Alliance atlantique. Fondée en 1949 pour contrer la menace soviétique, elle a su au cours de ces vingt dernières années relever des défis majeurs : réunifier l’Europe et sortir en bon ordre de la guerre froide notamment en réussissant un élargissement sans précédent et en nouant de nombreux partenariats ; éviter le retour de la guerre en Europe en mettant un terme à la guerre dans les Balkans, en Bosnie-Herzégovine comme au Kosovo. Au lendemain du 60e anniversaire de l’OTAN, alors que les Alliés préparent un nouveau concept stratégique pour le sommet de Lisbonne de l’automne 2010, nous devons réaffirmer le caractère avant tout militaire de notre Alliance, qui doit se concentrer sur trois fonctions stratégiques : protéger, dissuader et intervenir.

Le niveau d’ambition de l’OTAN est formulé de manière trop abstraite (deux grandes opérations de 60 000 hommes et six opérations de 25 000 hommes). Il nous faut l’adapter aux réalités et le rendre plus opératoire.

Sans réduire l’ambition de l’Alliance, nous devons préciser ce que nous attendons et attendrons d’elle demain : mener une opération de plus de 100 000 hommes, comme c’est le cas en Afghanistan, conduire une opération de stabilisation de quelques dizaines de milliers d’hommes sur une dizaine d’années comme dans les Balkans, participer à la surveillance maritime ou à la police du ciel, mener une opération de cyber-défense. C’est en étant plus précis et plus réalistes sur nos engagements que nous définirons les capacités utiles pour l’OTAN.

"Cœur de métier"

Rénover l’Alliance signifie aussi que les Alliés européens apportent une contribution réelle à la sécurité et à la défense transatlantique. Outre ses mérites propres pour le projet européen, auquel je suis attaché, l’Europe de la défense doit renforcer les capacités de l’OTAN et la rendre moins dépendante des capacités américaines.

C’est en effet dans un réservoir unique, celui des capacités nationales des Etats, que nous puisons pour les opérations européennes et pour celles de l’OTAN. Lors de sa présidence de l’Union européenne en 2008, la France a placé le renforcement des capacités européennes - moyens militaires critiques et structure de planification et de commandement - au coeur de son projet de relance de l’Europe de la défense. Avec l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, cette priorité doit être plus que jamais poursuivie.

L’OTAN doit enfin se recentrer sur son coeur de métier militaire et sur ses missions fondamentales, là où réside sa vraie valeur ajoutée. La structure et l’organisation administrative de l’OTAN demeurent marquées par l’héritage du passé : sa structure de commandement est encore trop territorialisée, les redondances entre états-majors nombreuses et l’activité réelle de ses multiples agences souvent opaque.

A neuf mois du sommet de Lisbonne, nous avons demandé au secrétaire général de l’OTAN de préparer pour la réunion des ministres de la défense de juin des propositions reposant sur des principes simples issus des expériences nationales de rationalisation des outils de défense : une gouvernance financière modernisée ; moins d’implantations et d’états-majors ; des effectifs permanents resserrés ; la priorité donnée aux structures déployables et utilisables en opération ; des économies d’échelle et des gains d’efficacité, avec par exemple la co-localisation des différents niveaux de commandements ; ou bien encore l’externalisation de certaines prestations non directement militaires.

Nous avons moins d’un an pour construire l’OTAN de demain. Une telle réforme demandera des efforts et de la volonté de la part de chacun. Travaillons sans tabou, ensemble. Il y va de notre sécurité commune, dans un monde toujours plus imprévisible. Nous le devons à nos concitoyens. La France a su prendre des décisions courageuses et difficiles pour réformer en profondeur son propre outil de défense. Je suis confiant dans la capacité des Alliés à faire de même pour préparer l’avenir de l’OTAN et conserver tout son sens à la relation transatlantique.

Source : site du ministère de la défense

Dernière modification : 07/04/2010

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