Résultats de la Ministérielle affaires étrangères de Tallinn les 22 et 23 avril

Les échanges entre les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN, réunis à Tallinn, ont été consacrés aux points suivants :

1/ Le nouveau concept stratégique

Les ministres des Affaires étrangères ont examiné les solutions pour moderniser l’Alliance, et ils ont tenu un débat sur le nouveau concept stratégique, le document qui doit façonner et guider l’Alliance au cours de la prochaine décennie.

Les ministres ont estimé que le nouveau concept devait réaffirmer les fondements essentiels et immuables de l’OTAN que sont, d’une part, le lien politique entre l’Europe et l’Amérique du Nord et, d’autre part, l’engagement à se défendre mutuellement contre d’éventuelles attaques.

Ils sont également convenus que le concept stratégique devait être actualisé pour tenir compte de la situation actuelle : en effet, l’OTAN est aujourd’hui engagée dans des domaines dont il n’aurait jamais été question en 1999, qu’il s’agisse par exemple de l’Afghanistan ou du cyberespace. Le nouveau concept stratégique doit également ouvrir la voie aux futurs rôles, missions, capacités et partenariats.

Le groupe d’experts dirigé par Madeleine Albright présentera en mai au secrétaire général, Anders Fogh Rasmussen, un rapport qui doit servir de référence pour les discussions entre les pays.

Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l’OTAN doivent approuver le nouveau concept stratégique en novembre, lors du sommet de Lisbonne.

Les ministres des Affaires étrangères réunis dans la capitale estonienne ont aussi étudié les moyens de moderniser l’OTAN, à tous les niveaux. Le secrétaire général a présenté aux ministres un certain nombre d’idées pour entreprendre des réformes profondes, pour lesquelles il a reçu un fort soutien.

Au cours du dîner, les ministres se pencheront sur les questions nucléaires et la défense antimissile.

L’OTAN étudiera comment elle peut aller de l’avant en ce qui concerne son dispositif nucléaire, dans le contexte du concept stratégique.

Selon le secrétaire général, dans un monde où il existe des armes nucléaires, l’OTAN doit posséder un moyen de dissuasion crédible, efficace et géré en toute sécurité. Cependant, l’Alliance doit aussi faire son possible en faveur de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération.

Les ministres examineront des questions liées à la défense antimissile telles que les coûts, ou le commandement et le contrôle, et étudieront les moyens d’engager un dialogue avec la Russie à ce sujet « pour le bien de la sécurité de l’Europe et de son unité politique », a précisé le secrétaire général.

Au sommet de Lisbonne, en novembre, les pays membres de l’OTAN décideront s’ils adoptent la défense antimissile de l’Alliance comme nouvelle mission de l’OTAN.

2/ La Bosnie Herzégovine et le plan d’action pour l’adhésion

En décembre dernier, les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN ont décidé que la Bosnie Herzégovine participerait au plan d’action pour l’adhésion lorsqu’elle aurait réalisé les avancées nécessaires dans ses activités de réforme.

Depuis lors, ce pays a progressé de manière importante dans les réformes. Aujourd’hui à Tallinn, les ministres des Affaires étrangères de l’OTAN saluent la décision prise par la Bosnie‑Herzégovine concernant la destruction de surplus de munitions et d’armes, ainsi que l’apport de nouvelles contributions à la FS.

Les ministres restent cependant préoccupés par la question des biens militaires, qui n’est pas encore résolue. Par conséquent, bien qu’ils invitent aujourd’hui la Bosnie‑Herzégovine à participer au plan d’action pour l’adhésion, ils autorisent le Conseil de l’Atlantique Nord en session permanente à accepter le premier programme national annuel de ce pays uniquement lorsque tous les biens immobiliers militaires signalés comme nécessaires pour les futurs besoins de la défense auront été officiellement enregistrés comme propriétés de l’État de Bosnie‑Herzégovine, à usage du ministère de la défense.

3/ L’avenir de la politique nucléaire de l’OTAN et les perspectives en matière de défense antimissile

Les ministres des Affaires étrangères ont étudié les solutions pour aller de l’avant en ce qui concerne le dispositif nucléaire de l’Alliance, dans l’optique du nouveau concept stratégique, ainsi que des questions liées à la défense antimissile.

Les ministres ont souligné que la question nucléaire occupait une place importante dans les activités de l’OTAN relatives au concept stratégique, et que l’Alliance restait, comme toujours, bien déterminée à assurer la sécurité de ses membres, mais avec le niveau d’armes nucléaires le plus bas possible.

Ils ont estimé qu’un large partage des charges liées à la politique nucléaire de l’OTAN restait essentiel, et précisé que les Alliés prendraient ensemble les décisions relatives à cette politique. L’unité de l’OTAN est solide, et elle le restera.

Les ministres alliés ont souligné que l’OTAN devait continuer à maintenir un juste équilibre entre dissuasion crédible et soutien à la maîtrise des armements, au désarmement et à la non-prolifération.

Selon le secrétaire général, dans un monde où il existe des armes nucléaires, « l’OTAN doit posséder un moyen de dissuasion crédible, efficace et géré en toute sécurité. Cependant, l’Alliance doit aussi faire son possible en faveur de la maîtrise des armements, du désarmement et de la non-prolifération ». Les ministres des Affaires étrangères ont estimé que la défense antimissile, sans remplacer la dissuasion, pouvait toutefois la compléter.

Au cours d’un dîner, les représentants des pays alliés ont évoqué des questions liées à la défense antimissile telles que les coûts, ou le commandement et le contrôle, ainsi que les moyens d’engager un dialogue avec la Russie à ce sujet, « pour le bien de la sécurité de l’Europe et son unité politique », a précisé le secrétaire général.

Au sommet de Lisbonne, en novembre, les pays membres de l’OTAN décideront s’ils adoptent la défense antimissile comme nouvelle mission de l’OTAN.

4/ Les ministres des pays de l’OTAN lancent la politique « Acheter afghan »

La réunion à Tallinn a marqué le lancement de la politique « Acheter afghan » de l’OTAN, dont l’objectif est de permettre à la FIAS de l’OTAN de renforcer son soutien de l’économie locale afghane.

Cette politique, qui n’a pas de précédent dans l’histoire des opérations de l’Alliance, a pour but de faciliter l’acquisition de biens et de services à l’échelon local par l’intermédiaire de l’application en Afghanistan de procédures simplifiées de mise en concurrence et d’adjudication. Ceci permettra à des entreprises afghanes certifiées et jugées compétentes de se porter candidates à l’octroi d’un marché principal dans tous les contrats de la FIAS de l’OTAN.

Engager les dépenses avant tout en Afghanistan, tel est le message essentiel de la politique « Acheter afghan » de l’OTAN ; cela ne nécessite pas d’accroître les financements, mais il s’agit d’une réorientation des ressources communes de la FIAS de l’OTAN vers le secteur privé afghan.

« Cette politique constitue un investissement à long terme en Afghanistan », a déclaré l’ambassadeur Dirk Brengelmann, secrétaire général adjoint de l’OTAN pour les Affaires politiques. « Son lancement aujourd’hui nous permet de commencer à certifier les entreprises afghanes avec lesquelles nous allons travailler ».

Certes, il faudra du temps avant que les effets de la politique ne commencent à se faire sentir sur l’économie, mais des répercussions importantes sont néanmoins attendues, par exemple la création d’emplois, le renforcement des capacités d’enseignement professionnel, le développement d’infrastructures et l’aide aux systèmes bancaire et financier afghans. « L’étude de deux années que nous avons réalisée montre qu’une augmentation de 10% des acquisitions à l’échelon local entraînerait une croissance du PIB d’au moins 5% », a déclaré l’ambassadeur Brengelmann.

Source : site internet de l’OTAN

Dernière modification : 26/04/2010

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