Le Comité Militaire, la plus haute instance militaire de l’OTAN, est placé sous l’autorité politique générale du Conseil de l’Atlantique Nord et, selon le cas, sous celle du Comité des Plans de Défense, et du Groupe des Plans Nucléaires. Il se réunit sous la direction d’un président élu. Les membres du CM sont des officiers de haut rang qui servent en qualité de représentants militaires nationaux en session permanente, s’exprimant au nom de leur chef d’état-major de la défense. En ce qui concerne les activités courantes, ce sont les représentants militaires qui agissent en qualité de représentants nationaux et servent au mieux les intérêts de leurs pays respectifs tout en restant ouvert à la négociation et au débat afin de pouvoir parvenir à un consensus.
Le CM est chargé de recommander aux autorités politiques de l’Organisation les mesures qu’il juge nécessaires à la défense commune de la zone de l’OTAN et de mettre en œuvre les décisions opérationnelles prises par le Conseil. Son rôle principal consiste à donner des orientations et des avis sur la politique et la stratégie militaire. Il est responsable de la conduite générale des activités militaires de l’Alliance sous l’autorité du Conseil. Il contribue à l’élaboration des concepts stratégiques globaux de l’Alliance et établit une évaluation annuelle à long terme du potentiel et des capacités des pays et des zones présentant un risque pour les intérêts de l’OTAN. En période de crise ou de tension, ou en temps de guerre, et dans le cadre des opérations militaires entreprises par l’Alliance, notamment en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo et en Afghanistan, il a pour autres responsabilités de donner au Conseil et au Comité des plans de défense des avis sur la situation militaire et de formuler des recommandations concernant le recours à la force armée, la mise en œuvre de plans de circonstance et l’élaboration de règles d’engagement appropriées.
Le Comité se réunit en principe tous les jeudis, après la réunion ordinaire du Conseil de l’Atlantique Nord du mercredi, afin de pouvoir donner suite sans tarder aux décisions du Conseil. Dans la pratique, des réunions peuvent être convoquées chaque fois que la nécessité s’en présente.
Le CM représente donc un lien essentiel entre le processus politique de prise de décision et la structure militaire de l’OTAN et fait partie intégrante du processus décisionnel de l’Alliance.
Sources : Site Internet de l’OTAN
Manuel de l’OTAN, Division Diplomatie Publique de l’OTAN, Bruxelles, 2006.
Le président du Comité Militaire est nommé par les chefs d’état-major de la défense pour une période de trois ans. Il exerce son action au niveau international, et tient son autorité du CM, auquel il rend compte de l’exécution de son mandat. Il préside normalement toutes les réunions du CM. En son absence, c’est le Président délégué du CM qui le remplace. Le Président est à la fois le porte-parole et le représentant du Comité militaire. Il dirige les activités courantes du Comité et établit, pour le compte du Comité, les directives et orientations nécessaires à l’intention du Directeur de l’État-major militaire international. Il représente le Comité militaire aux réunions de haut niveau, comme celles du Conseil de l’Atlantique Nord, du Comité des plans de défense et du Groupe des plans nucléaires, où il donne les avis requis nécessaires sur les questions militaires. De par les fonctions qui lui incombent, le Président du Comité militaire a également un important rôle public à jouer ; il est en effet, pour les questions militaires, le principal porte-parole de l’Alliance dans les contacts avec la presse et les médias. Il effectue des visites officielles et représente le Comité militaire, tant dans les pays membres de l’OTAN que dans les pays avec lesquels l’OTAN s’emploie à nouer des liens plus étroits dans le cadre du Partenariat pour la paix, du Conseil de partenariat euro-atlantique, du Conseil OTAN-Russie, de la Commission OTAN-Ukraine, du Dialogue méditerranéen et de l’Initiative pour l’Europe du Sud-Est.
Sources : Site Internet de l’OTAN
Manuel de l’OTAN, Division Diplomatie Publique de l’OTAN, Bruxelles, 2006.
Les commandements stratégiques sont responsables devant le CM des orientations et de la conduite générale des affaires militaires dans leurs domaines de compétence respectifs. En outre, ils donnent des avis au CM pour ce qui relève de leur commandement. Ils participent habituellement à la réunion du CM en session chefs d’état-major mails ils peuvent aussi être sollicités pour informer le CM réuni en session permanente.
- Commandement allié Opérations (ACO/SHAPE)
Le Commandement allié Opérations (ACO) est l’un des deux commandements militaires stratégiques de l’OTAN. Basé au Grand Quartier général des Puissances alliées en Europe (SHAPE), près de Mons (Belgique), il est chargé de la conduite de toutes les opérations militaires de l’OTAN, partout où elles sont nécessaires. La structure de commandement est fondée sur la fonctionnalité plutôt que sur des critères géographiques. Il existe trois niveaux de commandement : stratégique, opérationnel, tactique (niveau ‘composante’). Au niveau stratégique, le Commandement allié Opérations est placé sous l’autorité du Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR). Celui-ci exerce une double fonction, étant également chargé du Commandement des forces des États-Unis en Europe. Le niveau opérationnel se compose de deux commandements permanents de forces interarmées, l’un à Brunssum (Pays Bas) et l’autre à Naples (Italie), tous deux capables de conduire des opérations depuis leur emplacement fixe ou de mettre en place un quartier général de Groupe de forces interarmées multinational (GFIM) basé à terre. Il existe également un quartier général interarmées permanent, solidement constitué mais plus limité (basé à Lisbonne, au Portugal), auquel on peut faire appel pour obtenir une capacité de quartier général de GFIM basé en mer.
Sources : Site Internet de l’OTAN
Manuel de l’OTAN, Division Diplomatie Publique de l’OTAN, Bruxelles, 2006.
- Le Commandement Suprême Allié Transformation (SACT)
Le Commandement allié Transformation dirige, à l’échelon du commandement stratégique, la transformation de la structure militaire, des forces, des capacités et de la doctrine de l’OTAN. Il s’emploie à renforcer la formation, en particulier des commandants et des personnels d’état-major, à éprouver de nouveaux concepts et à promouvoir l’interopérabilité au sein de l’Alliance. Le quartier général (QG) du Commandant suprême allié Transformation (SACT) est implanté à Norfolk (Virginie). C’est là que la structure de commandement de l’ACT est installée. Le QG du SACT chapeaute les commandements subordonnés de l’ACT, à savoir le Centre de guerre interarmées (Norvège), le Centre d’entraînement de forces interarmées (Pologne), le Centre de recherche sous-marine de l’OTAN (Italie), le Centre interarmées d’analyse et de retour d’expérience (Grèce), ainsi que plusieurs écoles et centres d’excellence de l’OTAN. Il existe des liens directs entre l’ACT, les écoles et les agences de l’OTAN, et le Commandement des forces interarmées des États-Unis, avec lequel l’ACT est Co-implanté et dont il partage le commandant, qui a ainsi une double casquette. L’ACT est associé de la sorte aux initiatives américaines de transformation et sert de lieu d’échange entre les États-Unis et l’Europe. L’OTAN a annoncé la nomination du Général d’armée aérienne Stéphane Abrial Biographie du Général Abrial au poste de Commandant suprême allié Transformation. Le général Abrial a pris ses nouvelles fonctions le 9 septembre 2009 lors d’une passation de commandement au Quartier Général du Commandement suprême allié Transformation à Norfolk aux Etats-Unis.
Sources : Site Internet de l’OTAN
Manuel de l’OTAN, Division Diplomatie Publique de l’OTAN, Bruxelles, 2006.
-Le commandement suprême des forces alliées en Europe (SACEUR)
Le Commandant suprême des forces alliées en Europe est l’un des deux commandants stratégiques de l’OTAN ; il dirige le Commandement allié Opérations (ACO). Il est responsable devant le Comité militaire de l’OTAN, l’instance militaire suprême de l’Alliance, de la conduite de l’ensemble des opérations militaires de l’OTAN. Le SACEUR, qui est d’ordinaire un amiral ou un officier général américain, exerce une double fonction, étant aussi chargé du Commandement des forces des États-Unis en Europe. Il assure son commandement à l’OTAN depuis le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE) à Casteau, Mons (Belgique).
L’amiral Stavridis, premier amiral à prendre les fonctions de SACEUR, a succédé le 2 juillet 2009 à John Craddock à la tête du Commandement allié Opérations (ACO), prenant ainsi les fonctions de Commandant suprême des Forces alliées en Europe (SACEUR).
Le SACEUR est nommé par le Président des États Unis, sa nomination est confirmée par le Sénat des États-Unis et approuvée par le Conseil de l’Atlantique Nord.
Le SACEUR est responsable du commandement général des opérations militaires de l’OTAN et il conduit la planification militaire nécessaire des opérations, notamment en recensant les forces requises pour les missions et en demandant ces forces aux pays de l’OTAN, comme le Conseil de l’Atlantique Nord l’autorise et conformément aux instructions du Comité militaire de l’OTAN.
Il formule des recommandations aux autorités politiques et militaires de l’OTAN sur toutes les questions militaires pouvant avoir une incidence sur sa capacité à s’acquitter de ses responsabilités. Il peut accéder directement aux Chefs d’état-major des pays membres de l’OTAN et peut communiquer avec les autorités nationales appropriées, selon les besoins, dans l’intérêt de l’accomplissement de ses tâches. En cas d’agression contre un pays membre de l’Alliance, le SACEUR en sa qualité de commandant suprême, a pour responsabilité de prendre toutes les mesures militaires qui sont en son pouvoir pour préserver ou rétablir la sécurité du territoire de l’Alliance.
Le Commandant suprême des forces alliées en Europe a aussi un rôle important à jouer dans le cadre des relations avec le public et il est le principal porte-parole militaire du Commandement allié Opérations. Grâce à ses propres activités et à celles de ses services chargés de l’information du public, il maintient des liens réguliers avec la presse et les médias et entreprend des visites officielles dans les pays de l’OTAN, ainsi que dans les pays dans lesquels l’OTAN conduit des opérations ou avec lesquels l’Alliance mène un dialogue et travaille en coopération ou en partenariat.
Sources : Site Internet de l’OTAN
Manuel de l’OTAN, Division Diplomatie Publique de l’OTAN, Bruxelles, 2006.
